"En vérité, le chemin
pour avancer
importe peu, la
volonté d'arriver
suffit à tout."
(Albert Camus)

Equiaventuras Newsletter No 26 - Portrait d'un soixante-huitard à vélo !‏

Amis voyageurs, rêveurs...
 
L'équipe Equiaventuras est toujours à quelques kilomètres de la frontière où nous nous sommes arrêtés afin d'organiser le passage de la frontière. C'est un peu plus long que prévu... Durant ces 6 derniers mois, nous avons peu parlé de Don Papito et de son vélo, et je tenais aujourd'hui à vous présenter un peu plus en détail ce grand et mince bonhomme et vous faire partager son expérience à lui, au sein de cette aventure. Je lui ai donc posé quelques questions :
 
- Quelles ont été les raisons qui t'ont poussé à rejoindre le projet Equiaventuras ?
"J'étais inquiet pour ma fille, qui se retrouvait à voyager toute seule avec ses chevaux et gêné de ne rien pouvoir faire en cas de danger depuis Paris. Je voulais l'aider mais Gwladys au début, n'a pas accepté que je la rejoigne. Avec sa mère, Nelly, nous avons insisté jusqu'à ce qu'elle se laisse convaincre. J'ai donc eu le feu vert et en 48 heures, j'ai pris mon billet d'avion, ma tente, mon duvet et quelques vêtements de rando. Je suis arrivé le 20 août à Puerto Vallarta où j ai été accueilli les bras ouverts par les amis de Gwladys. Ils m'ont aidé à trouver mon vélo et m'ont accompagné deux jours plus tard à 430 kms de là pour retrouver ma fille et ses chevaux."
 
- Pourquoi le vélo ?
"J'ai découvert le vélo vers l'âge de 9 ou 10 ans. Je suivais les courses avec assiduité. A 35 ans, je me suis acheté mon premier vélo de courses et me suis lancé. Je participais à toutes les courses de mon département jusqu'au jour où une voiture m'a renversé et je me suis cassé la clavicule. J'ai mis mon vélo au placard ! Je suis aujourd'hui trop vieux pour monter à cheval sur de longues distances mais je me sentais toujours capable d’ appuyer sur la pédale..."
 
- Quel genre de vélo as-tu acheté ?
" N'ayant que peu de temps, j'ai acheté un vélo tout terrain ordinaire. J'y ai fait installer un porte-bagage solide et un rétroviseur. Le tout m'a coûté 3200 pesos (environ 200 €). Le freinage avant est à disque et le freinage arrière à patins. Je n'utilise pas les vitesses de mon vélo ; j'ai trouvé un bon compromis entre le terrain plat où il faut suivre le rythme des chevaux et les montées où l'effort reste mesuré.
 
- En parlant de gestion de l'effort, quel est ton secret à 68 ans ?
" A mon âge, je dois gérer trois problématiques: une masse musculaire faible et pas entraînée, le rapport pulsations et rythme cardiaque et enfin le contrôle de ma respiration et capacité pulmonaire. Je ne force J A M A I S  et le secret est là. J'écoute mon corps et ses signes d'alarme. Je n'hésite pas à marcher à pied et fais souvent des pauses. J'ai toujours de l'eau, une banane, biscuits ou fruits secs dans mon sac à dos."
 
- Tu portes un sac à dos. Combien de charge en tout sur le vélo ?
" Le vélo pèse environ 12 kgs, mon bagage 25 kgs en moyenne et j'ai à peu près 5 kgs dans mon sac à dos. Avec le bonhomme de 70 kgs, on arrive à un total de 112 kgs."
 
- C'est pas trop dur quand même ?
" J'ai souffert les 15 premiers jours et peu à peu j'ai trouvé mon rythme. Aujourd'hui, sur terrains plats, je suis les chevaux sans me fatiguer mais prends souvent de l'avance pour faire des pauses quand la route n'est pas dangereuse. En montagne ou sur chemins muletiers, Gwladys et les chevaux me mettent la pâtée; je fais plus d'arrêts et marche beaucoup à pied pour ne pas forcer et protéger mon vélo. De toute façon, quand ça monte, ça descend toujours après, ce qui permet de se venger (rires)."
 
- Conseillerais-tu la combinaison voyage vélo/ cheval à d'autres ?
" Nous parcourons en moyenne 20 kms par jour. Pour quelqu'un de plus jeune, suivre des chevaux est un rythme lent. Beaucoup s'ennuieraient mais moi cela me convient. J'ai le temps d'ouvrir les yeux et de tendre les oreilles. Je vois des choses fabuleuses. La nature ici est très riche, variée. Parfois, un peu trop je pense quand les scorpions me courent après (rires). Pour moi, l'observation de la nature, c'est la base de beaucoup de choses: - Pourquoi tu cours ? , Pourquoi les gens se battent ? - Quand je vais rentrer, les gens ne vont pas me reconnaitre; ils vont penser que j'ai changé mais pourtant, je ne change pas. Ici, dans cet environnement, je me retrouve, je suis Moi !"
 
- Que ressens-tu après ces 6 derniers mois ?
" Je suis content car j'ai réussi à convaincre Gwladys et à la rejoindre. Aujourd'hui, j'ai oublié mon rôle de garde-du-corps, on se protège les uns les autres et je sens que je fais réellement partie du raid Equiaventuras. Je participe au projet, je vis le projet, dans la répartition des tâches quotidiennes mais surtout dans son aspect aventurier et culturel. J'ai été surpris par l'accueil, la disponibilité et la spontanéité des mexicains. En France, il faut du temps pour créer des liens forts. Ici, on rentre dans une famille et on en fait partie immédiatement. Des fois, je suis même gêné, dans le bon sens, de leur générosité. J'ai plutôt toujours été un solitaire mais dans ce beau pays, le mur tombe. La seule chose qui me frustre, c'est la barrière de la langue. J'arrive à communiquer avec des sourires, des grimaces mais c'est souvent insuffisant. Pourtant, un sourire, un regard, une accolade parlent souvent plus. Après 6 mois de voyage, de vie nomade dans un pays où je me sens chez moi; j'ai soif de continuer et de voir où le vent nous porte."
 
- Un dernier petit mot ?
" En tous cas, je remercie mon vélo car je lui en ai fait voir. J'ai crevé 3 fois et changé le dérailleur et le pneu avant également. Il tient le choc! C'est un sacré compagnon. Si on me demande son nom, c'est "Frérot", car on avance tous les deux sur les mêmes chemins, les chemins de l'aventure!"
 
Merci Papito :)
 
Hasta luego,
 
L'équipe Equiaventuras
 
Retrouvez les photos sur Facebook: => http://www.facebook.com/album.php?aid=2024928&id=1210065296&l=de31a203e4
Visionnez toutes nos vidéos sur Youtube : => http://www.youtube.com/user/Equiaventuras 

 

Equiaventuras Newsletter No 25

Amigos,
 
Ces dernières semaines ont été plutôt mouvementées et hautes en émotions.
 
Au départ de Villa Flores, nous sommes accompagnés par Los Hombres de a Caballo de Chiapas (Les Hommes de chevaux des Chiapas, association à but non lucratif). Nous sommes 7 chevaux et 6 cavaliers. Après une journée de marche à travers la Sierra Madre, nous arrivons à Revolution Mexicana où nous faisons nos adieux à nos amis. Nos nouveaux copains, Sinar Corzo et son cheval Eclypse décident de continuer l'aventure avec nous. Le gros de l'équipement est transporté par René, jusqu'aux prochains bivouacs, grâce à la camionnette de Sinar. Pinta voyage léger, elle est heureuse et sautille sur le chemin. Quelques jours après, notre petite équipe est réveillée en musique par Los Hombres de a Caballo qui nous ont retrouvés et apportent le petit déjeuner et la guitare. Ils se sont concertés la veille pour nous accompagner une journée de plus et ont rassemblé leurs chevaux. Génial ! Voir la chanson d'adieux => http://www.youtube.com/watch?v=nGm3VR6QyVI .
 
Le 12 Janvier, René retrouve son vélo et nous repartons en famille vers de nouvelles aventures. Nous arrivons le lendemain au passage d'un premier bac qui nous permettra de passer par l'Ile de Zaragoza. Je n'ai pas vraiment d'expérience en la matière et fais monter La Pinta en premier. Elle est hésitante mais se soumet gentiment. Chichen montre plus de réticence comme toujours. Soudain, il bondit, glisse et se retrouve avec les deux postérieurs dans le vide. Par je ne sais quel miracle, il se rétablit et marche normalement. Papito et moi sommes complètement flippés. Chichen s'est arraché la peau sur 15 bons centimètres. A la sortie du bac, les employés nous montrent des pieux en bois qui bouchent le trou où Chichen est tombé!!! La sortie se passe donc sans encombres mais compte tenu de la situation, nous stoppons l'étape immédiatement. Je passe l'après-midi à soigner les pieds de Chichen.
 
Nous repartons le lendemain tranquillement et arrivons au deuxième bac le jour suivant. Mieux préparés, nous essayons d'anticiper les autres accidents éventuels. Ce ne sera pourtant pas un succès... Voici un extrait de mon journal de bord:
 
Papito et moi ramassons de la terre pour parsemer le sol métallique glissant (=> http://www.youtube.com/watch?v=KU6_lt6zy2w). Les rires fusent... Le trou de la plate-forme d'accès est bouché avec un pieu en bois. Les moqueries continuent... Pinta hésite au début et monte. L'équipement est déjà sur le bac. J'essaye de faire monter Chichen, en vain! Il ne montera pas, son refus est RADICAL! Un type attrape mon cheval et essaye à son tour sans succès. Je décide que Chichen traversera à la nage avec une "lancha" (petit bateau a moteur). Le gérant de la panga n'est pas content. Papa, Pinta et l'équipement partent vers l'autre rive. Pendant ce temps, je mets Chichen à l'eau en le réconfortant. Je le mouille entièrement et le masse. Quarante minutes après, la panga revient. Trois types détachent une lancha et s'approchent du bord; je leur jette ma longue corde et monte a bord. La lancha démarre et je demande à un des trois de me donner la longue corde. Il me rétorque: "Non, toi tu t'assois, tu ne sais pas faire; nous on fait passer des chevaux tous les jours.". J'essaye de le convaincre que je connais mieux mon cheval et qu'il se stressera moins avec moi. Avant de remorquer Chichen, j'avais pris la précaution d'expliquer aux trois gars que mon cheval savait nager. Pourtant, le vieux macho ramène la corde à lui et attrape le licol de Chichen qui se retrouve collé au bateau. Je perds mon sang froid et lui hurle de me passer la corde ou de donner du mou. Chichen se débat et se fracasse la tête plusieurs fois contre la lancha. Je me jette sur le type pour attraper la corde. Il me repousse fermement et me menace de tout lâcher si je ne me calme pas. Mon petit cheval se débat toujours. J'essaye de le calmer à la voix mais je pleure en même temps. Je supplie cet énergumène de donner du mou. Rien n'y fait, je ne suis qu'une pauvre petite mujercita qui ne connaît rien et qui s'agite dans tous les sens, face à un rustre qui ne reçoit pas d'ordre d'une femme. Je crois que si Chichen n'avait été entre les mains de cet homme, je lui aurais arraché les yeux. Nous arrivons tant bien que mal de l'autre côté, je me jette à l'eau pour ne pas laisser Chichen remonter sur la rive avec cette expérience traumatisante. Je le retiens et le ramène là ou l'eau est profonde pour qu'il retrouve son calme dans l'eau, en nageant un peu avec moi (=> http://www.youtube.com/watch?v=26lm-uMNjLo ).
 
Nous avons laissé derrière nous cette malheureuse aventure et repris notre chemin. L'équipe est aujourd'hui à 3 jours de marche de la frontière. Je suis partie pour San Cristobal sur invitation de l'office de tourisme pour une conférence de presse. Jusqu'ici, nous nous sommes cachés de la presse locale pour arriver incognito dans les villages et surtout ne pas bénéficier d'un traitement particulier. Nous attachons beaucoup d'importance à la spontanéité des relations que nous avons avec les gens. A deux pas du Guatemala, nous souhaitions faire savoir que deux petits chevaux de travail sans prétention de ce beau pays avaient formidablement parcouru 2356 kms à travers les états de Jalisco, Colima, Michoacan, Guerrero, Oaxaca et Chiapas. L'histoire de Chichen et Pinta est parue dans plusieurs journaux, à la radio et sur deux canaux de télévision nationales.
 
Mexico lindo, pays aux milles couleurs... Merci pour ton accueil chaleureux !
 
A bientôt... au Guatemala :)
 
Retrouvez:
- Les dernieres photos sur Facebook: => http://www.facebook.com/album.php?aid=2024928&id=1210065296&l=de31a203e4
- Une interview sur les chemins des Chiapas: => http://www.youtube.com/watch?v=3Zdj07uhhqA 
- Une conférence sur le thème du voyage à cheval au lycée de Buenaventura: => http://www.youtube.com/watch?v=lcaw6c-umPI , http://www.youtube.com/watch?v=_b6RJdyB5qo .
 
Les autres vidéos:
- Le nettoyage du bivouac en public : => http://www.youtube.com/watch?v=6w1KJM-ACAY 
- Le cuisage de l'œuf: => http://www.youtube.com/watch?v=67PQUiuN_sY
 
Chichen, Pinta, le vélo, René et Gwladys 

 

 

Equiaventuras Newsletter No 24 - La rencontre chiapaneca‏

Amigos,
 
Toute notre équipe espère que vous avez passé de délicieuses fêtes de fin d'année.
 
Ca y est nous sommes dans les Chiapas et avons laissé dernière nous notre voyage en solitaires... Nous avons été formidablement accueillis par la famille Corzo (qui s'étend dans toute la région), des fanatiques du cheval, de l'éthologie, de l'équino-thérapie et bien sur des randonnées et calva gâtas.
 
Nous avons donc merveilleusement réveillonné et repris la route le 30 décembre en compagnie de nos nouveaux copains, Sinar et son cheval Eclypse. L'idée était de sortir de la ville d'Arriaga et rejoindre un village planté en hauteur, Tierra y Libertad (joli nom pour un village). L'étape de cette journée était assez longue, nous avons donc décidé de charger équipement, vélo et cycliste dans une camionnette et de nous rejoindre au bivouac le soir. Les soucis, c'est que nous nous sommes lamentablement perdus, la piste disparaissant dans la montagne. La nuit est arrivée... et je vous raconte la suite sur you-tube à travers les liens suivants :
 
- http://www.youtube.com/watch?v=bd4pL_zK1Gg - Perdus dans la montagne chiapaneca (Phase 1)
- http://www.youtube.com/watch?v=yaGY3FNoW4k - Perdus dans la montagne chiapaneca (Phase 2)
 
Bon, tout c'est bien fini et nous nous sommes tous retrouvés le lendemain. Chichen, Pinta, Papito, le vélo et moi. Nous avons continué comme en l'an 40 vers Villa Flores où nous sommes arrivés avant-hier, après 7 jours de marche. Les chevaux méritent 2 jours de repos et nous reprendrons de plus belle, direction la frontière guatémaltèque. A priori, des amis devraient se joindre à nous également sur un petit bout de chemin.
 
Nous souhaitons remercier Alejandro, Sinar et Goyo pour les fantastiques images et l'interview que vous retrouverez en cliquant sur le lien suivant: http://www.youtube.com/watch?v=3Zdj07uhhqA.
 
Egalement, nous remercions David pour son accueil à Arriaga, ainsi que toute la famille Corzo pour avoir partagé avec nous les fêtes de fin d'année et leur hospitalité.
 
Enfin, gros big up à Israël Gomez pour son soutien et son aide précieuse, notamment en ce qui concerne les formalités administratives du passage de la frontière avec les chevaux.
 
Que 2010 soit l'année de réalisation de tous vos rêves les plus fous.

 

EQUIAVENTURAS Association - Loi 1901 Résidence Condorcet 1 - 160 C rue Lavoisier 78800 HOUILLES - FRANCE Tel.: +33 (0) 1 39 68 66 28 E-mail: contact@equiaventuras.com Website: www.equiaventuras.com "Faites que vos rêves dévorent votre vie avant que votre vie ne dévore vos rêves" (Saint Exupéry)  



 


 

Page 1 2 3 4 5 6 7


Equiaventuras.com © 2009